PUBLIC : ACCUEIL DOULEUR BLOCAGE BRUIT DE LA MACHOIRE – ATM Guide Douleurs et/ou blocages de la mâchoire

ATM Guide Douleurs et/ou blocages de la mâchoire

Articulation Temporo-Mandibulaire

Les Troubles de l’Articulation
Temporo-Mandibulaire

Réponses à vos questions

  L’ Articulation Temporo-Mandibulaire ou « A.T.M. » relie la mâchoire inférieure, appelée « mandibule » à l’os du côté de la tête : l’os Temporal. Si vous placez vos doigts en avant de vos oreilles et ouvrez votre bouche, vous pourrez sentir les articulations se déplacer. Ce déplacement est possible grâce aux muscles de la mâchoire : les muscles Masseter et Temporaux.
Lors des différents mouvements mandibulaires ; l’articulation Temporo-Mandibulaire effectue des déplacements vers l’avant et vers l’arrière ainsi que des mouvements de rotation : L’ ATM est une articulation complexe ; unique parmi toutes les articulations du corps humain.

 

 

Une ou plusieurs des formes douloureuses décrites ci-dessous peuvent apparaître simultanément. Par exemple, une douleur spontanée le matin et une douleur provoquée à la mastication.

La douleur « provoquée » : se manifeste lors de différents mouvements de la mâchoire. Lors de la mastication ou de l’ouverture. Lorsqu’elle apparaît seule, elle est liée directement  à une inflammation des muscles ou de l’articulation.

La douleur « spontanée » : comme son nom l’indique, elle apparaît spontanément  dans la journée ou  le matin au réveil. Dans la majorité des cas, elle indique un état de tension ou de stress. Attention, L’arthrite de l’ATM provoque également une douleur spontanée, dans ce cas un examen radiologique confirme le diagnostic.

La douleur  « permanente » : c’est une douleur continue, plus ou moins intense. Elle indique un dérèglement des mécanismes physiologiques de la douleur ou un état de Dépression.
Dans de ce cas,  les autres formes douloureuses (provoquées et spontanées) apparaissant simultanément peuvent également être perturbées et ne répondent pas aux traitements locaux classiques.

Autres douleurs : d’autres douleurs oro-faciales peuvent être confondues avec des douleurs de Troubles Temporo-mandibulaires. Souvent de forte intensité, elles se situent dans la région de la face ou du crâne. Elles peuvent être d’origine neurologiques ou vasculaires ; elles peuvent être également provenir d’une sinusite, une otite, ou de la région oculaire. Dans ce cas un examen médical est recommandé.

La Limitation de l’Ouverture:

Dans ce cas, l’ouverture est difficile ou impossible. Le plus souvent le blocage est du à une contracture ou un spasme des muscles de la mâchoire. Quelques fois cela est du à une déformation du cartilage de l’articulation: c’est une “luxation discale”

Le Blocage Intermittent:

La mâchoire se débloque spontanément  ou par un mouvement volontaire. Le blocage est du à une déformation partielle du cartilage. il y a un risque de passage en luxation discale complète. Suivez les conseils ci dessous et consultez votre dentiste.  

La luxation discale: Le cartilage articulaire est très déformé. Il empêche l’articulation de fonctionner.

Il y a deux types de bruits: 

  • Un Bruit bref
  • Un Bruit continu

UN BRUIT BREF EN GRANDE OUVERTURE (par exemple en baillant ou croquer une pomme) c’est le signe d’une hyperlaxité. Rien de grave, des exercices de kinésithérapie peuvent le réduire.

L’hyperlaxité: Sur la radio de droite l’articulation hyperlaxe est très avancée lors de l’ouverture de la mâchoire.

UN BRUIT BREF EN COURS DE MOUVEMENTS: (à la mastication ou simplement avec l’ouverture de la bouche): le cartilage est légèrement déformé. Rien  de grave, il n’y a pas de nécessité de traitement. 

Subluxation Discale : Le cartilage articulaire est déformé. Il fait du bruit lors des déplacements de la mâchoire.

UN BRUITS CONTINU  EN COURS DE MOUVEMENTS: Comme une sensation de grains de sable dans l’articulation; c’est souvent du à une arthrose. Une  radiographie peut le confirmer.

L’Arthrose de l’ATM est assez rare. Le cartilage est dégradé. Elle provoque des accès douloureux dans les périodes aigües et inflammatoires.

Pour un trouble récent :
Souvenez vous que TTMs sont en général des troubles bénins, qui s’estompent avec le temps.
Appliquer la méthode «  premiers gestes » décrite plus bas.

Les bruits articulaires sont en général bénins ; ils sont stables ou diminuent avec le temps, ils ne nécessitent pas de traitement.

Pour un trouble qui persiste :
Si le trouble ou la douleur durent plus de quelques semaines, ou s’il est handicapant (blocage de la mâchoire) demandez un avis à votre dentiste traitant. Un traitement local peut être efficace.
Voir le chapitre « consulter votre dentiste traitant »

Pour une douleur « chronique » :
Une douleur chronique est une douleur qui dure depuis plus de six mois.
La douleur est alors d’origine complexe. Votre dentiste traitant pourra soulager votre articulation par des méthodes locales ; mais elles peuvent être insuffisantes et nécessitent une consultation spécialisée dans un centre de la douleur en milieu hospitalier.
Voir le chapitre :   « quelle est votre douleur »

Pour un inconfort dentaire :
Lorsque vos dents se rencontrent; vous ressentez un inconfort. L’excès de serrement de la mâchoire peut provoquer des modifications de positions dentaires provoquant un inconfort. Cet inconfort disparaîtra après la gestion de votre trouble. Evitez un traitement irréversible qui ne fera qu’empirer votre cas.
Voir Chapitre « Les traitements irréversibles ».

Les premiers gestes à effectuer en présence d’un inconfort, d’un blocage ou d’une douleur sont  de préserver votre mâchoire :

  • Manger des aliments mous
  • Eviter les mouvements extrêmes (bâillement), brusques ou forcés.
  • Eviter de serrer la mâchoire en plaçant la langue entre les dents.
  • Appliquer un pack de glace pour une douleur violente.
  • Pour une douleur lancinante : appliquer une compresse chaude et humide, puis masser la région avec un gel antalgique.
  • Pratiquer des étirements  légers de la mâchoire après le massage.
  • Apprendre à se détendre avec une technique de » respiration contrôlée ».
  • Prendre un antalgique en vente libre,  comme de l’ibuprofène ou de l’aspirine.

Le stress est souvent présent dans l’origine des Troubles Temporo-Mandibulaires. La tension musculaire se manifeste par un serrement des mâchoires provoquant une altération des muscles et des articulations.
De plus, recherche médicale récente a prouvé une relation entre le stress et l’amplification et la chronicisation des symptômes douloureux.

Reconnaître le stress
Les effets du stress se manifestent dans trois dimensions :
– Des symptômes physiques :
Altération du sommeil, cauchemars, troubles digestifs et de l’appétit, palpitations, vertiges, crampes et douleurs musculaires, maux de tête…
– Des symptômes émotionnels et mentaux :
Agitation, irritation, colères, indécision, inquiétudes, angoisses, manque de joie…
– Des symptômes comportementaux :
Désorganisation, difficulté d’entreprendre, difficulté dans les relations, agressivité ou passivité, tendance à s’isoler, abus de café, de tabac, conduites addictives diverses…

Le programme anti-stress
La gestion du stress est un programme que vous pouvez mettre en œuvre par vous même. Il consiste tout d’abord par une prise de conscience de votre état, puis adopter des mesures « modératrices » de stress. Certains ouvrages peuvent vous aider pour cela. Enfin, en cas de stress important ou prolongé, le recours à un psychothérapeute « comportementaliste » peut être bénéfique pour vous aider à trouver une solution adaptée à vos problèmes.

1 Hygiène de vie :

Adopter une alimentation saine et équilibrée ; contrôler les abus et les conduites addictives.
Faire du sport ; au minimum de la marche à pied, une heure deux fois par semain

2 Relaxation ou méditation :

Apprendre une technique de relaxation, au minimum, commencer par de la « respiration contrôlée ».
Site internet à consulter pour comprendre : COHERENCE CARDIAQUE https://www.coherenceinfo.com/pratiquer-la-coherence-cardiaque/

Une Application gratuite à télécharger: RESPIRELAX

https://play.google.com/store/apps/details?id=com.thermesallevard.respi_relax&gl=FR

Le site URGOFEEL :

https://www.urgofeel.com/fr/
L’appli: https://apps.apple.com/fr/app/urgo-feel/id1157949351

3 Consulter un psychothérapeute comportementaliste. Le thérapeute comportementaliste n’est pas un psychanalyste ; il vous « coachera » et vous guidera concrètement pour résoudre vos problèmes. Site à consulter : annuaire de l’Association Française des Thérapies Comportementales et Cognitives : http://www.aftcc.org/

Votre praticien pourra vous prescrire, si nécessaire :
Des médicaments :
Des antalgiques sur ordonnance pour soulager la douleur, des anti inflammatoires en cas d’inflammation articulaire et s’il y a lieu des myorelaxants pour décontracter les muscles. Des anxiolytiques peuvent également être prescrits car ils ont une action sédative et myorelaxante.
Des radiographies :
Différents types de radiographies peuvent être prescrites. Elles ont pour but de confirmer le diagnostic.
De la kinésithérapie :
Avec exercices plus adaptés à effectuer à la maison ou une prescription pour un suivi par un kinésithérapeute.
Des Orthèses :
Les orthèses ou « gouttières » sont fabriquées en plastique et recouvrent les dents. Leur mode d’action est controversé, pour certains cliniciens elles stabilisent la mâchoire pour d’autres elles empêchent le serrement. Toutefois elles sont « efficientes », c’est à dire qu’elles ont un effet positif sur les symptômes. Il existe différents types d’orthèses.
La chirurgie :
Les traitements chirurgicaux n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Toutefois, en cas d’inflammation articulaire ou d’arthrite votre praticien pourra vous prescrire une « arthrocenthèse » : une intervention visant à nettoyer l’articulation  à l’aide d’une sonde chirurgicale.

Le traitement  ne doit pas dépasser six à huit mois. Une gestion du stress est souvent nécessaire.
Dans le cas ou symptômes persistent ou ne diminuent pas de façon significative, une nouvelle orientation doit être envisagée. En général, les « centres de la douleur » hospitaliers sont  équipés pour répondre au douleurs rebelles ou chroniques.

Tous les experts avisés recommandent d’éviter tout traitement agressif, « irréversibles » comme des meulages dentaires, des prothèses fixes, de la chirurgie ou de l’orthodontie.

Les traitements préconisés sont « non invasifs », basés sur une méthode orthopédique et médicale. Le but est de protéger puis de rétablir la santé articulaire par une rééducation adaptée et des moyens « réversibles », comme des orthèses qui ne modifient pas définitivement la position des dents ou de la mâchoire.

Lorsqu’un traitement dentaire prothétique ou orthodontique est nécessaire, celui-ci ne peut débuter avant que tous les symptômes douloureux, d’inconfort dentaire ou de la mâchoire aient disparus par des méthodes réversibles.

Le National Institute of Dental and Craniofacial Research (NIH) des États-Unis estime que les traitements irréversibles n’ont pas fait leur preuve et pourraient même empirer le problème.

Voici quelques exemples de traitements irréversibles :
• L’ajustement occlusal par le meulage des dents
• Un traitement dentaire important par couronnes ou prothèses.
• Les gouttières de repositionnement mandibulaire.
• L’ orthodontie
• Traitements chirurgicaux incluant le remplacement de la totalité ou de certaines parties de l’articulation temporo-mandibulaire.

Dans les cas complexes impliquant à la fois une douleur chronique et sévère et la dysfonction de la mâchoire. Il est préférable de traiter les patients avec une équipe de spécialistes dans les domaines de la neurologie, la rhumatologie, et la gestion de la douleur, qui travaillent ensemble pour développer un programme de prise en charge intégré ; dans les « centres de la douleur » en milieu hospitalier.

Important : Un traitement irréversible occlusal (c’est à dire dentaire) n’est justifié en aucun cas pour résoudre un TTM ; même si vous ressentez un inconfort dentaire.

Un traitement irréversible peut être entrepris lorsque tous les  symptômes ont été résolus par une méthode réversible.

Un traitement irréversible de type chirurgical peut être prescrit en cas de persistance d’un trouble handicapant, non résolu par les techniques réversibles.

Dans le cas ou un traitement dentaire est nécessaire (couronnes, implants dentaires, prothèse ou orthodontie) il est fortement recommandé de ne débuter le traitement qu’après avoir résolu les symptômes (douleurs, blocages ou inconfort dentaire) par une méthode réversible.

Seuls, les bruits articulaires, symptômes légers, sont compatibles avec des soins dentaires.